Avec la période des fêtes, il est fréquent d’inviter sa famille pour de grandes agapes de nourritures copieuses, et de dévoiler aux convives ses talents culinaire, pour célébrer un prophète qui se contentait de pain sec et d’eau. Une institutrice retraitée de Poitiers, désemparée face à une tablée plus nombreuse que les années précédentes, a trouvé une solution originale pour profiter des fêtes et proposer des repas gargantuesques, sans charge mentale et sans corvée inutile. Nous sommes allés à sa rencontre.
Dans la famille de Roselyne, l’usage a toujours été de se retrouver chez la Grand-Mère avec sa progéniture grandissant d’année en année, ladite grand mère mettant les petits plats dans les grands et passant l’ensemble de sa pension mensuelle en divers plats gras et salés et desserts gras et sucré. Souvent, les repas sont l’occasion de montrer et d’apprendre aux jeunes génération perdue et biberonnée au wokisme islamo-vegan et à la cancel culture culinaire, les grandes traditions culinaires de nos ancêtres les gaulois, et ses plats incontournables. « Comme le disait ma mère, les jeunes aujourd’hui ne connaissent plus le pâté de tête. Et à cause des gauchistes de LFIG (les France Intolérante au Gluten) on aurait bientôt plus le droit de manger de la charcuterie »
Mais Roselyne, retraitée et veuve n’avait l’habitude de n’avoir en général que 3 convives, mais cette année après les naissance rapprochée de ses 4 petits enfants et la venue de famille éloignée de passage, se retrouve à devoir cuisiner pour 12 personnes.
Avec 5 schtroumpfs dévorant de la purée de patate douce plus vite qu’un chat mange ses croquettes et ses 3 grands enfants et leurs pièces rapportées trouvant refuge dans la nourriture et se re-servant 5 fois du plat principal pour compenser leur vide existentiel du fait de leur crise de la quarantaine, la confection des repas nécessite quantité de courses et de préparation, et Roselyne voyait déjà poindre dès l’automne un cauchemar en terme d’organisation.
» Ça va être difficile de s’en sortir, franchement j’ai hésité à me faire livrer du Uber Eats » dit Roselyne qui vieillit doucement mais sûrement et redoute l’idée de passer 5 heures par jour dans la cuisine d’un logement social pas dimensionné pour le confection de repas gargantuesques. En plus des machines à laver quotidiennes, de la vaisselle, de l’aspirateur, et de la réparation des jouets chinois cassés dès le 26 décembre….
« J’ai une réputation à tenir »
Roselyne biberonnée depuis sa tendre enfance aux repas de familles fait maison avec produits du terroirs, s’est ravisée. « J’ai une réputation à tenir, je vais quand même réchauffer comme une gougnafière au micro-onde des lasagnes au cheval dans des barquettes aluminium. «
Comme le dit l’adage, on est jamais mieux servi que par soi-même. Et c’était sans compter sur le fait que Roselyne, venait d’hériter de la fortune d’un lointain cousin suisse, et n’ayant pas d’imagination pour dépenser tout cette argent, elle a décidé d’en prendre le taureau par les cornes, ou plutôt la tirelire par la queue en tire bouchon, pour trouver une solution pour son réveillon de cette année, mais aussi pour les années à venir.
Ses enfants, habitués à leur traditionnel bœuf bourguignon et inconditionnel de celui de maman auraient vite senti la supercherie si elle l’avait acheté déjà préparé, et aurait quitté la table avec perte et fracas.
Roselyne avait donc besoin d’aide. « J’avais d’abord pensé à embaucher une bonne pour me délaisser de toutes les tâches domestiques et passer le plus de temps possible avec mes invités. Mais je tiens vraiment à l’intimité familiale et je ne me vois pas passer les fêtes avec de parfaits inconnus. »
Roselyne a donc, en un temps record, acheté une usine agroalimentaire désaffecté et monté une entreprise de plats préparés surgelés dont la carte est directement inspirée de ses recettes et celles de sa mère et grand-mère. Pour cela, elle a consacré des semaines de travail à plein temps entre septembre et décembre, et des nuits blanches, pour recruter ses équipes, formaliser ses recettes pour en permettre l’industrialisation, commander les machines, surveiller les travaux d’aménagement, choisir ses fournisseurs, et prendre des rendez vous avec la banque et les services d’hygiène…
Mais elle a gagné un temps considérable le jour du réveillon : le carton du plat préféré de sa progéniture a été déballé et enfourné en un temps record.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Edwy Plein-Air
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