Quiconque vit à Poitiers depuis quelques années s’acclimate aux coutumes et traditions de la capitale du Haut-Poitou, à savoir l’emploi du terme « pain au chocolat » ou d’être un adepte de la débauche à la fin de son travail ce tantôt pour rentrer paisiblement dans sa maison en chaille, et retrouver ses drôles qui font leurs devoirs, et barrer la porte une fois tout le monde couché. Mais si ça tombe (comme le disent les picards) ces traditions sont peut être pas si anodines et ont peut être un sens plus profond. A savoir qu’une majorité de pictavienZetpictavienne veulent le retour de l’ancien régime et des têtes couronnées non raccourcies. Décryptage.
Nos enquêtes de rues et micro-trottoirs réalisées depuis déjà 4 ans ont été traitées statistiquement, et nous avons constaté en croisant ces données avec une publication scientifique dirigée par le sociologue Bertrand Hasch dont nous avons déjà parlé que 79 % des poitevins emploient les noms de lieux qui étaient en vigueur durant l’Ancien Régime, alors que ceux -ci ont changé.
Par exemple, la place de la Liberté est toujours appelée place du pilori, la place Charles de Gaulle est nommée avec insistance Place Notre-Dame par les quidams, mais également le service de transport Vitalis qui a nommé l’arrêt de bus « Notre Dame », au lieu de garder la toponymie officielle du lieu.
« ils ne peuvent pas se payer les transports en commun, qu’ils se déplacent à pied ».
Robert Gros-Chou – adjoint Pilori Collectif
Cela étant le service de transport dirigé par le parti EELV (Ensemble Expulsons Les Vieux de leur résidence) est dirigé selon la doctrine Marie-Antoinette, puisque le refus obstiné de la gratuité est justifié par Robert Gros-Chou adjoint au budget par le fait que « ils ne peuvent pas se payer les transports en commun, qu’ils se déplacent à pied ». De source sûre ce n’est pas l’argument d’une bonne gestion budgétaire ou du manque d’argent qui pousse la liste Pilori Collectif à refuser cette gratuité, mais bel et bien une objection philosophique de la part d’élus jaune-verts hermétiques à l’idée d’égalité sociale. Il se dit d’ailleurs dans le cabinet de la Maire qu’en terme de transport, il est souhaité mettre fin à la voiture de fonction, et qu’un transport écologique de la première édile sera utilisé prochainement, sous forme de chaise à porteurs.
De même que pour d’autres services publics une logique d’ancien régime a été appliquée. Ainsi au lieu d’acheter des trottinettes électriques avec le budget transport pour les mettre à disposition à des tarifs raisonnables qui alimentent le budget de la collectivité, la municipalité via Pony, a choisi de laisser s’installer une startup privée s’accaparant une plus-value et accumulant un capital matériel sur des biens qui devraient être publics, ce qui au fond s’apparente à une charge qu’une féodalité économique vient d’acheter, un peu comme les offices de l’Ancien Régime.

L’esprit Marie-Antoinette a également fait jour lors de la tentative de fermeture de la résidence Édith Augustin dont nous avions parlé : une femme de 106 ans pouvait bien être expulsée au nom de Saint-Excel, et avait qu’à se trouver un logement dans le privé. Comme nous l’avons montré au vu de la réaction (dans le sens propre et figuré) des deux édiles municipales concernées (la maire, et l’adjointe Gorafi Brûle-les-Gens) lorsqu’elles ont été interpellées si justement par la CGT au conseil municipal.
Mais puisque l’on parle de la CGT, cette dernière n’est hélas pas épargnée par les penchants réactionnaires ataviques des poitevins, puisque pour le premier mai, et la prolétaire fête des travailleurZettravailleuses, elle appelait à un regroupement sur la place d’Armes, qui n’est autre que le nom d’ancien régime de la place Leclerc (au passage un libérateur de Paris durant l’occupation). Drôle d’intention qui nous questionne. Mais nous arrêtons là notre propos, la nouvelle Réduslipe ne peut hélas pas sonder les âmes, nous nous contentons d’enquêter.
Edwy Plein-Air
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