Fô pas nous chercher, Politik

Pas facile de se dissider !

Les élections législatives anticipées sont un  feuilleton que nous allons alimenter et aujourd’hui nous vous parlons des tentatives solitaires, abouties ou non, de petits bourgeois en mal de reconnaissance qui voulaient être calife à la place de la députée verte de la circonscription 1 (nord de l’aire urbaine de Poitiers).

Vous l’avez peut être suivi chez nos confrères d’autres journaux : malgré la possibilité de l’arrivée au pouvoir du RN et malgré un accord entre les partis de gauche pour manger des couleuvres coconstruites dans le but d’éviter cela, il se trouvait que 3 candidateZetCandidats de gauche avaient envisagé se présenter face (donc contre) la deputée verte sortante Lisa Ossobucco. Pour une victoire du Nouveau Front Populaire chaque député de gauche sortant est précieux, dès lors nous pouvions questionner l’intérêt de telles candidatures et à ce moment là.
Il se trouve par ailleurs que les 4 candidats représentaient 50 nuances de centre. Face à la députée EELV (donc pas une marxiste ni une ultra gauchiste creusoise coupant des caténaires), se disputaient Souragood Iznogoud, un candidat à la fois sympathisant du NPA et dirigeant d’un organisme patronal poitevin, secondé par Élodie Puydufou, une adjointe verte mais qui a décidé qu’elle était pas verte de la même manière que la deputée verte officielle, et qui s’est donc faite virer de la mairie verte de Poitiers qui elle aussi n’est pas toujours aussi verte que les deux autres vertes susmentionnées. Dans la course étaient aussi présente Eléonore casse-Dalle une ex-chef de cabinet de l’ancien maire Alain Met-la-Claeys-sous-la-porte, reconvertie en consultante (comme n’importe quel permanent politique qui n’a jamais bossé de sa vie) et Aurélien Trekking, ex rival interne de l’ancien maire (qu’un confrère de la nouvelle Répblique appelait un jour le rouleau compresseur), passé par la macronie.

Parlons du premier, Souragood. Son premier acte après sa déclaration de candidature fut de convoquer les autres candidats pour parler d’unité. Present à cette réunion, nous relations son propos liminaire :  » Je me présente à la place de la candidate la plus légitime. J’aurais pu assumer que je veux me présenter parce que la loi me le permet et me confronter politiquement et que le meilleur gagne et le combat sera sans pitié. Mais je préfère plutôt dire que je fais une candidature supplémentaire car je suis pour l’unité et d’appeler à l’unité vers moi et reprocher à ceux qui sont plus légitimes de ne pas se rallier à moi« . C’est disruptif, un peu comme Bernard Henri-Lévy qui dit qu’il déteste la guerre mais y va tout le temps.


La seconde, Eléonore Casse-Dalle prétendait se présenter car la députée verte était accusée d’être gauchiste et communautariste. Pour le gauchisme…. on parle d’une députée ayant pris pour suppléante une maire qui vote les bassines, et pour le communautarisme, il est vrai que EELV fut qualifié par Sandrine Rousseau de Kukluxclan, mais faut- il rappeler qu’à 38 ans, Mme Casse-Dalle n’a jamais travaillée que comme permanente politique ou pour des consultance bidon.
Quand au troisième, ses intentions ne sont pas explicitées, mais cette décongélation d’un politicien local des années 2000-2010, est visiblement un coup pour rabbatre au vote Macron les voix des Couronneries car Aurélien Trekking ne trouvera aucun candidat marcheur face à lui.

Il s’avère toutefois que les deux premiers dissidentesZet-dissidents Souragood Iznogoud et Eléonore Cassedalle ont renoncé à leur aventure personnelle sur leurs grands chevaux. (Il faut dire qu’un cheval qui galope sur un champ de ruines c’est pas aussi beau qu’une épopée dans des steppes mongoles.)

Pour le premier la première réaction a été  » je ne comprends pas qu’ils aient pas voulu de moi pour l’unité. Ça me rappelle la fois où j’avais candidaté à un poste de coiffeur et que je n’avais pas été retenu à cause de mon diplôme d’acupuncteur. » Tant pis c’est comme ça, mais c’est logique au fond, et pour me conformer à mes idées, je militer ai pour le macroniste directement au premier tour plutôt que de le faire avec ma candidature fantoche.
Quand à la deuxième : je savais pas qu’être candidate c’était se lever à 7 h du mat le dimanche pour tracter, se réunir tous les jours, recevoir des coup de fils des camarades toutes les 30 minutes, avoir des camarades qui font campagne pour toi, recevoir des relations hostiles des adversaires politiques sur le marché, que les gens pourraient ne pas voter pour nous, où nous gronder sur le marché car ils étaient pas d’accord avec la politique de l’ancien maire, on ne m’avait pas dit tout ça je pensais qu’il suffisait juste d’être bourgeois, et de se faire coopter à des postes à responsabalité. Je pensais pas que les élections ça consistait à rendre des compte aux gens sur le marché. En plus la circo 1 c’est les Couronneries et ploucs de Mirebeau, c’est pas que Jaunay-Clan. Pour toutes ces raisons j’ai renoncé. »

Il est vrai que quand l’on prend une grande décision, il faut en assumer les conséquences. Et tant mieux que deux de ces dissidentesZet-dissidente s’en soient rendu compte avant le drame personnel qu’ils auraient vécu avec un score de 3% non remboursé s’ilZet-elles avaient mené campagne. Avec les pluies abondantes qui se perpétuent, le Clain n’est pas en mesure de recolter en plus, leurs larmes de crocodile.

Edwy Plein-air

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